Découplage numérique entre les États-Unis et l'Europe, techflation et hausse importantes de prix services et des produits numérique, désengagement des États-unis des instances qui permettait de protéger l'europe. Comment fait-on ?
Cette année 2026 a démarrée sur les chapeaux de roue et nos gouvernants ont de plus en plus de mal à cacher leur panique. Il faut dire que le tempo est implacable : alors que les Delta Force venaient de faire la capture éclair de Maduro au Venezuela, l'administration américaine faisait savoir via son conseiller le plus influent de la Maison Blanche qu'elle voulait « récupérer » le Groenland.
Nous entrons dans le dur : les États-Unis s'en prennent désormais un membre de l'OTAN, l'un de ses plus fidèles alliés et membre de l'Union européenne.
La course contre la montre a déjà commencé avec deux options sur la table
- La question du découplage transatlantique
Voulu (souveraineté numérique) ou imposé (kill switch comprendre coupure du réseau ou des services internet)
2.La question de la renégociation à notre désavantage du coût du numérique US
Comprendre évidement par cela tout ce qui est cloud, services grands public et évidement cybersécurité. Scénario qui ne manquerait pas de relancer la question de l'inflation en Europe.
Une troisième option que peu ont remarquée
Je me permets d'en ajouter un autre qui a échappé à beaucoup (mais pas à Sébastien Garnault et Franck Rouxel). Je me permets de le détailler car je pense que c'est bien plus important que ce que vous en lirez peut-être ailleurs.
Parmi les nombreuses instances que la Maison Blanche a annoncé avoir quittées, trois entités concernent le cyber :
🏛️ GFCE (Global Forum on Cyber Expertise)
- Il servait de hub pour le renforcement des capacités, les universités, aligner les programmes de formation, et fournir cadre de réponse aux incidents cyber. Il s'agit de développer les efforts de résilience civile contre les pays hostiles.
🏛️ Freedom Online Coalition
- Les États-Unis se quittent l'un des principaux endroits contre la censure du réseau internet.
🏛️ European Centre of Excellence for Countering Hybrid Threats
- Oui, ça pourrait dire que les Américains ne serait plus là pour nous aider ni sur les cyber, ni sur les attaques hybrides.
En termes de message, cela veut dire : on ne vous aide plus à vous former ; l'Internet libre, c'est plus notre priorité, ce qui nous intéresse, c'est l'Internet américain.
Enfin et c'est important, c'est aussi un message à l'OTAN où la menace hybride est au cœur de cette collaboration entre les États-Unis et l'Europe. J'avais eu l'opportunité de modérer un panel sur la désinformation (qui n'avait pas été mis en ligne à la demande d'un des panélistes) avec la personne en charge de la lutte contre les ingérences.
Une dernière remarque très intéressante car elle veut tout dire
Les États-unis ne se retirent pas des organisations mondiales normatives. Mais essentiellement des organisations qui les liaient à l'Europe.
Il faut rappeler pour avoir l'image complète que les US ont annoncé prévoir 1 milliard de dollars pour la privatisation des attaques numériques (un scoop de notre ami Jamie) et disent au même moment à l'Europe nous ne sommes plus là pour vous aider gratuitement.
Dans ce mélange d'incertitude, d'inquiétude et d'intimidation prépare à une négociation (dure) et au paiement d'une rançon. Il va donc falloir être prudent, agile et rapide.
Notre mobilisation pour 2026
Cette année nous sommes mobilisés pour vous aider à comprendre et naviguer dans l'incertitude de 2026.
Cybernetica et The Sovereign Way
Nos abonnés payants continueront à recevoir nos newsletters, avoir accès à toute notre veille stratégique mais nous allons mettre en place des lieux et des endroits de partage des best practices.
Je vous annonce également la sortie prochaine de The Sovereign Way — l'extension européenne de Cybernetica. Notre terrain d'action (think tank, conférence, advising) se fait désormais à l'échelle européenne.
Son objectif : aider ceux qui le souhaitent à être accompagnés dans ce qui sera probablement l'une des années les plus compliquées depuis l'arrivée de l'Internet.
Il nous reste quelques slots pour le premier semestre.
📊 5 shifts à surveiller en 2026
La grille d'analyse de Cybernetica
Il est rare que nous vivions plusieurs shifts simultanés, et pourtant c'est le cas. La dernière fois, c'était au moment de l'arrivée de l'internet, de la chute du mur et de l'arrivée de la globalisation par la musique, la télé et les réseaux.
Comprendre l'évolution de ces cinq shifts fait partie de notre quotidien chez Cybernetica.
Geopolitical shift (1)

2026 marque le début d'une redéfinition des interdépendances, des accords et des alliances. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.
La semaine dernière par exemple nous parlions de l'entrée du Canada dans SAFE, le nouvel organisme d’achat de défense européen qui exclut les États-Unis. Une révolution dans le monde militaire.
Désaccords inédits, voire impensables pourraient rendre l'Europe encore plus vulnérable. Par exemple quand l'administration américaine explique qu'elle envisage des partenariats sur l'intelligence artificielle avec la Russie, voire des collaborations dans le cyber tout en se retirant que des institutions dans le cyber dont l'Europe est dépendante.
Tous les acteurs importants dans le monde du cyber et du renseignement que j'ai pu rencontrer lors de mes dernières conférences sont unanimes. Ils sont très inquiets.
La diplomatie internationale ressemble de plus en plus à ce que décrit Giuliano da Empoli dans son dernier livre l'Heure des prédateurs.
Technological shift (2)

Une nouvelle stack informatique naît sous nos yeux. L'IA repense l'infrastructure des entreprises et des individus.
Entre les modèles, les plateformes pour les déployer, le fine tuning, l'accès aux données, la création de données synthétiques, les banques de données qualifiées pour alimenter les IA de manière fiable sont une nouvelle course contre la montre. Certaines startups veulent être fullstack d'autres vont se spécialiser dans un seul domaine.
Le modèle sur lequel le cloud et le mobile a vécu depuis 2007 est en train d'être redéfini. Pour le meilleur et parfois le pire. On en reparlera car il faut désormais comprendre cette transition pour comprendre où va la tech.
Platform shift (3)

GPT, Claude, Gemini et ses 600 millions d'utilisateurs ont détourné les utilisateurs de services classiques comme le search. Cela pose une vraie question : les plateformes Web 2.0 sont-elles encore viables ?
Le patron d'Instagram lui-même avoue dans une longue confession qu'à l'heure où la réalité est feinte ou artificielle, l'idée d'un réseau social de partage d'images et de vidéos n'a peut-être plus d'avenir. Il avoue aussi que 80% des utilisateurs se sont réfugiés dans les DM et les stories, qui sont aussi les parties les moins rentables de l'application.
En même temps, Sora 2, présenté comme l'Instagram de la vidéo IA, n'est pas vraiment un succès. Cette année est peut-être l'année où l'on saura si les nouveaux services remplacent les anciens ou si les anciens services modernisés conservent leur avance.
Cultural shift (4)

De l'AI slop qui transforme la culture populaire, aux contenus premium générés par IA, jusqu'à la volonté de revenir à l'analogique : nous sommes à un carrefour culturel.
Pour quelqu'un comme moi qui a connu la cyberculture des années 90, je me demande si l'arrivée soudaine de l'IA et la normalisation visuelle qu'elle induit permettra à une vraie contre-culture d'émerger.
J'aurais espéré que la France pousse pour une contre-culture technologique mais pour l'instant elle n'a fait que suivre et aduler les Big Tech.
Ce qui sera intéressant : c'est de voir si la jeune génération, dans un monde saturé d'IA, entrera en rébellion.
Ce qui est sûr : moins ils seront dépendants des algorithmes, plus ils auront de pouvoir.
Vibe shift (5)

C'est ce qui empêche les patrons de Big Tech de dormir. Bien plus que l'IA. Et si les consommateurs se désintéressaient de tout ça ? S'ils trouvaient que les Big Tech sont devenues ringardes ou pire que leur intégration dans le nouveau complexe de surveillance pose plus de danger que de bénéfices.
Le succès des réseaux sociaux et des grandes plateformes reposait sur la simplicité : une expérience globale, indépendante du matériel. La praticité de ne rien posséder, de passer d'une machine à l'autre sans friction.
L'intrusion de la géopolitique, l'explosion des Terms of Service, la divergence des trajectoires d'innovation ont cassé cette utopie de papier.
La question aujourd'hui que chaque utilisateur se pose
- Où sont hébergées mes données ?
- Est-ce que j'ai besoin d'être chez les GAFAM ?
- Faut-il encore avoir un lien X ?
- Et surtout comment transférer mes données vers de nouveaux services ?
Pour les abonnés voici deux bonus supplémentaires : L'un sur le Groenland et l'autre pose la question les États-Unis peuvent ils couper l'Internet?
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