Le « Claude Code Effect » qui est considéré par beaucoup comme un nouveau moment ChatGPT. Que penser de tout cela ?

- Je suis rentré hier de DLD, la conférence qui permet de prendre le pouls de la tech juste avant Davos. Comme chaque année, beaucoup de conversations et de rencontres avec la crème des entrepreneurs du monde de l'IA, de la défense mais aussi beaucoup d'académiques.
- L’occasion, entre autres, de reconnecter avec Maria Ressa, prix Nobel de la paix, mais surtout à mes yeux activiste technologique et spécialiste des médias, et l’une des meilleures interventions (je mets le lien à la fin) : Meredith Whittaker de Signal, toujours aussi combative sur les questions de vie privée.
- Thomas Madsen-Mygdal, fondateur de l’initiative Rebuild.net, nous a invités à un déjeuner co-organisé par l'ancienne commissaire européenne Margrethe Vestager.

Comme toujours, je ne parle jamais du contenu de mes conversations (règle de Chatham House) mais il est évident que les questions de souveraineté numérique, du Groenland et de la situation en Iran étaient au cœur de la discussion.
Quelques remarques sur la souveraineté numérique
Avant de passer au sujet de la semaine, le Claude Code Effect qui est considéré par beaucoup comme un nouveau moment ChatGPT.
- Les pays que je considère comme les plus vocaux sur les questions de souveraineté numérique, à savoir la France, l'Allemagne et le Danemark, sont aussi ceux qui avancent le moins vite.
- Pour être honnête, j'ai trouvé que beaucoup de startups en Defense Tech étaient plus dans un mode « le chaos actuel du monde est très cool pour lever des fonds » qu'un sentiment d'urgence. Mais il est vrai que les conférences où les investisseurs et les entrepreneurs se retrouvent donnent toujours un peu cette impression.
- L'autre chose qui me fascine : quand on parle avec les gens, on a l'impression que le timing qu'ils ont en tête est de 10 ans, au mieux cinq ans. Même avec le Groenland, ils sont incapables d'accélérer le tempo.
- Quand Macron va au Groenland pour afficher sa solidarité avec les Danois, il n'est pas capable de nous donner une timeline de découplage des secteurs stratégiques. Soit parce qu'il ne croit pas à la souveraineté, soit parce que son entourage n'a aucune capacité à la mettre en œuvre. Probablement un peu des deux.
- 🔗 À lire : Le Venezuela a été l'objet d'une attaque cyber selon le NYTimes mais le leadership français du cyber que j’ai rencontré pense que ce n’est pas le cas. Fascinant !
📺 Je remets pour les nouveaux lecteurs ma présentation à DLD de 2023 qui a anticipé beaucoup de choses que nous vivons aujourd’hui :
Avec cette newsletter, je me vois un peu comme un chef qui vous propose des entrées (des opinions sur un sujet), des plats de résistance (une réflexion plus approfondie) ou des desserts, comme les ciné-clubs, qui sont très appréciés.
Depuis son lancement, j’ai fait le choix de maintenir un prix très bas. Certaines notes valent à elles seules plusieurs fois le prix de l’abonnement. Un consultant me disait récemment qu’une seule de nos newsletters lui avait permis de décrocher un contrat à l’année.
Le choix d’un tarif abordable répond aussi à la volonté de toucher d’autres publics que ma cible initiale, notamment les étudiants, mais aussi les petites PME, et toute personne qui a envie de réfléchir avec nous sur ces sujets.
💸 À noter : le prix de l’abonnement augmentera d’ici la fin du mois.
Je souhaitais donc vous proposer, si vous le souhaitez, de conserver le tarif actuel en vous abonnant avant cette hausse. Je sais que ce n’est pas une approche commercialement intuitive.
- Si vous êtes abonné au tarif de 60 €, en tant que membre fondateur, ce tarif ne changera pas.
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- aux meetups du Conseil de la résilience numérique, organisés en marge des conférences où j’interviens.
C'est ici
Qui va gagner la bataille des chatbots ?

Comme vous le savez, le sujet qui me tient le plus à cœur, c'est la question du produit et de l'IA.
Et si la personnalité du LLM, c'était la stratégie produit dans un chatbot ?
Beaucoup d'entre nous ont dû y penser lors du passage à ChatGPT 5.0. On avait l'impression de se retrouver face à un produit avec une personnalité différente, avec une autre façon d'écrire, de réfléchir qui cassait deux ans de « façon d'interagir ».
Je reste persuadé qu'une partie du succès du basculement vers Gemini, au-delà de son excellent niveau, est aussi en partie liée à un attachement rompu avec ChatGPT.
Cela pose une vraie question car quand on parle des LLM, on parle surtout des tests, des ressources et des milliards investis. Cette discussion était pertinente il y a deux ans mais désormais on attend des choses différentes d'un LLM.
C'est de cela dont je voudrais vous parler cette semaine, car comprendre cette stratégie va aussi nous permettre d'anticiper ce que l'on doit faire en cette année 2026 pour continuer à préserver notre autonomie cognitive.
Vous n'êtes pas sans savoir que Claude Code ou Codex chez ChatGPT (coucou Romain) ou Gemini CLI (coucou Jeremy), en donnant l'impression qu'écrire du software est devenu une commodité, ont fait largement chuter les valorisations boursières.
Regardez ce schéma :

Entre le Casual GPT pour tous les jours et les « prix Nobel as a service », il y a toute une palette d'options et de stratégies que nous allons découvrir ensemble.
Les trois niveaux d'expérience
On peut désormais évaluer les LLM selon trois niveaux d'expérience.
Niveau 1 : casualGPT
C'est ce que ChatGPT et Claude ont bien traité dès leur lancement et qui a permis la magie. Des tâches relativement simples pour la machine, mais magiques pour nous : correction de texte, résumé, reformulation. Une capacité de synthèse qui ne nous étonne plus. Cet usage est un marché de masse, car il correspond au besoin naturel que nous avons de poser des questions, demander des explications, ou tout simplement qu'on écrive nos mails.
Exemples typiques :
- « Corrige les fautes dans ce texte »
- « Résume-moi cet article »
- « Écris un mail de relance pour mon client »
- « Explique-moi la différence entre X et Y »
- « Donne-moi des idées de cadeaux pour un anniversaire »
- « Traduis ce paragraphe en anglais »
C'est plus ou moins de l'assistance conversationnelle. Le modèle répond, vous repartez. Pas de suivi, pas de complexité, pas de contexte à maintenir sur la durée.
Niveau 2 : travail appliqué
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