LâIA devient progressivement le sujet principal pour Cybernetica, dans une perspective Ă©largie Ă 2025â2026.
Je prĂ©pare ma nouvelle prĂ©sentation intitulĂ©e The Sovereign Way â New Rules for a New Internet pour la rentrĂ©e. Elle intĂšgre les notions dâautonomie cognitive et de post-souverainetĂ©, et j'espĂšre qu'elle sera en rupture avec les discours thĂ©oriques et dĂ©connectĂ©s, portĂ©s par une nouvelle gĂ©nĂ©ration de consultants.
Pour cette newsletter de juillet, je vous propose une analyse de quatre textes qui permettent de sâancrer dans le rĂ©el :
⹠Une analyse de la souveraineté IA vue de la Suisse
⹠Une vision sur la stratégie chinoise en IA
âą Un point sur les nouveaux profiteurs de lâIA
âą Une analyse dâun ancien dâOpenAI sur les raisons du succĂšs de cette derniĂšre
Pour info, les deux derniers textes sont réservés aux abonnés payants.
Nous passons en mode vacances, mais je prépare une liste des meilleurs textes de Cybernetica pour nos nouveaux membres.
Le rythme hebdomadaire de publication est maintenu Ă la rentrĂ©e, mais lâorganisation va ĂȘtre amĂ©liorĂ©e.
Le Conseil de la RĂ©silience NumĂ©rique, jusquâici informel, va enfin prendre son envol et je prĂ©pare une prĂ©sentation en avant-premiĂšre de ma nouvelle keynote ainsi que des meetups.
Pensez à devenir un membre payant (le prix va un peu augmenter à la rentrée).
Naturellement, ma veille pour les abonnĂ©s payants ne sâarrĂȘte pas pendant les vacances et vous avez le lien en fin de newsletter.
Profitez de vos vacances, déconnectez un peu et on se revoit courant août !
SouverainetĂ© en IA : lâurgence de miser sur les talents
La souverainetĂ© en matiĂšre dâIA est devenue un objectif stratĂ©gique affichĂ© par de nombreux pays. Mais selon Marcel SalathĂ©, chercheur Ă lâEPFL, ce concept relĂšve de lâillusion pour la quasi-totalitĂ© des Ătats â une conviction forgĂ©e depuis la Suisse, oĂč le sujet est omniprĂ©sent mais dĂ©connectĂ© des rĂ©alitĂ©s.
La souverainetĂ© implique indĂ©pendance dĂ©cisionnelle et maĂźtrise des moyens technologiques : puissance de calcul, infrastructure de semi-conducteurs, accĂšs massif aux donnĂ©es, indĂ©pendance Ă©nergĂ©tique, cadre rĂ©glementaire autonome et vivier de talents. Or, seule cette derniĂšre condition est remplie dans un pays comme la Suisse. Les autres relĂšvent dâun Ă©cart technologique, industriel ou gĂ©opolitique quasi infranchissable.
Les discours politiques sur ce sujet masquent souvent une rĂ©alitĂ© simple : pour la plupart des pays, viser la souverainetĂ© totale est un leurre coĂ»teux et contre-productif. MĂȘme lâUnion europĂ©enne, seule entitĂ© en dehors des deux superpuissances disposant dâun potentiel de masse critique, peine Ă adopter une stratĂ©gie ambitieuse Ă la hauteur des enjeux.
Lâalternative rĂ©aliste sâappelle souverainetĂ© des talents. Former, attirer et retenir les compĂ©tences techniques qui permettent de sâapproprier et dâadapter les technologies existantes est aujourdâhui le levier le plus efficace. Cela permet une adoption rapide, une adaptation locale, une diffusion sectorielle et une crĂ©ation de valeur. Ă condition, toutefois, de maintenir un haut niveau dâinvestissement dans lâĂ©ducation, la recherche et lâinnovation.
Ce qui manque, ce nâest pas lâambition mais lâalignement des moyens. Les classements acadĂ©miques illustrent crĂ»ment le dĂ©calage entre les Ătats-Unis et lâEurope, en particulier dans la production de talents en informatique et en intelligence artificielle.
Pour les dĂ©cideurs comme pour les investisseurs, lâenjeu nâest pas de rĂȘver dâautonomie technologique intĂ©grale, mais de construire les conditions dâune capacitĂ© dâaction fondĂ©e sur les compĂ©tences. Car dans lâĂ©conomie de lâIA, ce sont les usages, pas les infrastructures, qui crĂ©eront les marges de demain.
Renoncer Ă lâillusion de souverainetĂ©, câest faire le choix stratĂ©gique du rĂ©alisme.
IA en Chine : déployer partout
Selon Axel Badalian, la Chine ne cherche pas Ă devancer lâOccident en matiĂšre dâIA, mais Ă lâancrer dans chaque maillon de son Ă©conomie.
Tandis que les Ătats-Unis misent sur des percĂ©es technologiques pour maintenir leur avance, la stratĂ©gie chinoise repose sur une logique dâendurance : industrialiser lâIA Ă grande Ă©chelle, intĂ©grer rapidement des modĂšles âsuffisamment bonsâ et les dĂ©ployer Ă tous les niveaux. Cette approche privilĂ©gie lâinfrastructure Ă lâinnovation de rupture, avec une coordination Ă©troite entre talents, donnĂ©es et politiques publiques.
Des initiatives comme lââAI+â traduisent cette volontĂ© : maintenance prĂ©dictive dans les usines, triage mĂ©dical automatisĂ©, logistique optimisĂ©e. Lâobjectif est de transformer lâIA en levier macroĂ©conomique pour compenser les contraintes dĂ©mographiques, la dĂ©flation et la fin de lâexpansion par la dette. Mais cette centralisation efficace pose un risque : un verrouillage technologique prĂ©maturĂ©.
Pour les startups, cela signifie un terrain propice aux applications industrielles, mais sous forte pression de rentabilitĂ© et de contrĂŽle. Pour les entreprises clientes, câest la promesse dâune efficacitĂ© accrue, au prix dâune dĂ©pendance croissante Ă des systĂšmes normalisĂ©s. Pour les investisseurs, lâenjeu nâest plus seulement lâinnovation, mais la capacitĂ© Ă industrialiser rapidement.
Ce modĂšle sâaccĂ©lĂšre Ă mesure que la Chine applique Ă lâIA les recettes qui lui ont permis de dominer lâĂ©lectronique, les vĂ©hicules Ă©lectriques ou lâe-commerce : production de masse, intĂ©gration verticale, adaptation locale.
Lâenjeu mondial nâest plus de savoir qui atteindra lâAGI en premier, mais qui saura intĂ©grer lâintelligence dans toute lâĂ©conomie, vite, largement et durablement.
Pour nos abonnés, deux autres textes à lire cet été (avec notre analyse) :
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