🔮 Nous assistons, Ă©bahis, Ă  un transfert culturel irrĂ©versible

De Napster à GPT-4o : un nouveau basculement à l’ùre de l’IA

🔮 Nous assistons, Ă©bahis, Ă  un transfert culturel irrĂ©versible
« Rien n’est vrai. Tout est permis. L’homme hallucinĂ© perçoit la rĂ©alitĂ© comme une cible mouvante. » William S. Burroughs

Chers lecteurs,
Ce qui est intĂ©ressant, c’est que nous vivons peut-ĂȘtre, sans nous en rendre compte, un nouveau basculement culturel aussi important que l’a Ă©tĂ© en son temps Napster pour la distribution de musique.

Je suis assez Ă  l’aise pour parler de cette pĂ©riode parce que je l’ai vĂ©cue Ă  sa source, au dĂ©but des annĂ©es quatre-vingt-dix, et j’ai beaucoup ƓuvrĂ©, comme vous le savez, dans le MP3, puisque j’avais mon blog devenu culte GĂ©nĂ©ration MP3, que certains d’entre vous ont utilisĂ© quand ils avaient leur premier baladeur.

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L’autre chose, comme l’ont annoncĂ© Variety et Le Film Français, c’est Ă©videmment l’annonce de The Media Company, le studio de cinĂ©ma cofondĂ© avec Didier Lupfer et Édouard Boccon-Gibod, projet dont je vous parlerai prochainement, c’est promis!

MP3 : quand la distribution a été bouleversée

Mais revenons un instant sur la bataille du MP3. Ce qui est intĂ©ressant, c’est que le MP3 a essentiellement pris en sandwich les producteurs et les distributeurs.

À l’époque, l’innovation de l’Internet a toujours consistĂ© Ă  rĂ©duire le prix de la distribution Ă  son coĂ»t marginal.

C’est ce qu’a fait le MP3, en opĂ©rant deux ruptures :

1. La numérisation en self-service des CD

En permettant au consommateur moyen de ripper ses propres CD en MP3.

— La qualitĂ©, au dĂ©part, Ă©tait relativement mauvaise, jusqu’à ce qu’un encodeur, LAME, commence Ă  faire circuler sur les serveurs P2P des MP3 d’excellente qualitĂ© — en tout cas selon les standards de l’époque.

2. La distribution décentralisée de la musique

La diffusion du MP3 s’est ensuite organisĂ©e selon plusieurs canaux successifs :

‱ D’abord par les forums

‱ Puis par des sites pirates hybrides (warez)

‱ Enfin par des services de rĂ©seau pair Ă  pair (Napster, KaZaA, LimeWire)

‱ Mais aussi — et surtout — par SoulSeek, un service un peu Ă  part, spĂ©cialisĂ© dans la distribution de musiques rares

On ne peut pas vraiment dire que le MP3 ait pris l’industrie du disque par surprise, puisque les premiĂšres expĂ©riences datent de 1997 et que le pic se situe au dĂ©but des annĂ©es 2000, avec notamment la popularisation de Napster et de KaZaA.

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Un monde en transition chaotique

En réalité, les producteurs et les distributeurs se sont retrouvés pris en tenaille entre deux dynamiques de consommation musicale :

1. Une capacitĂ© d’accĂšs inĂ©dite pour les consommateurs

Pour la premiĂšre fois, les utilisateurs avaient la possibilitĂ© d’accĂ©der Ă  plus de musique qu’ils ne pouvaient en acheter. — Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, la musique s’achetait
 ou se copiait sur cassette.

2. Deux types d’usages trĂšs diffĂ©rents

  • Pour les aficionados, cela signifiait un accĂšs Ă©largi Ă  des Ɠuvres qu’ils auraient, de toute façon, probablement achetĂ©es. Leur budget musique Ă©tait souvent consĂ©quent.
  • Pour les consommateurs occasionnels, ou du moins c’est ce qu’on a voulu croire pour se rassurer, les tĂ©lĂ©chargements remplaçaient principalement
 les Ă©coutes radio. À cette Ă©poque, le moyen le plus simple d’écouter un morceau populaire Ă©tait encore d’allumer la radio.

La question de la distribution — Ă  laquelle j’ai activement contribuĂ© — s’est retrouvĂ©e au cƓur du basculement.

J’ai notamment conseillĂ© plusieurs acteurs de la scĂšne Ă©lectronique Ă  s’associer avec le label Warp, qui lançait alors Bleep, l’une des premiĂšres plateformes de tĂ©lĂ©chargement de MP3 lĂ©gal.

Cette approche a inspiré par la suite des services comme Bandcamp, fondés sur une idée simple :

permettre d’acheter de la musique en MP3 dont la majoritĂ© des revenus revient Ă  l’artiste.

Mais le problĂšme, Ă©videmment, c’est que les artistes se retrouvaient face Ă  des contrats de distribution totalement inadaptĂ©s Ă  ce nouveau monde :

‱ S’ils voulaient diffuser leurs MP3, ils Ă©taient bloquĂ©s par leur distributeur, qui refusait de mettre leur musique en ligne.

‱ S’ils voulaient ĂȘtre rĂ©munĂ©rĂ©s, ils se heurtaient Ă  l’absence totale de solution viable (avant l’arrivĂ©e d’Apple).

‱ S’ils refusaient toute distribution, leurs maisons de disques Ă©taient tout simplement incapables de l’empĂȘcher.

💡
Soudain, les majors n’avaient plus aucun contrîle sur ce qui se passait.

Un cauchemar Ă©veillĂ©, sachant qu’en plus, pour certains artistes, le numĂ©rique n’était mĂȘme pas prĂ©vu dans les contrats signĂ©s, ce qui obligeait les majors Ă  Ă©tendre en urgence les accords existants, souvent au prix d’ñpres renĂ©gociations. Certains artistes, eux, bloquĂ©s contractuellement, n’avaient plus leur mot Ă  dire alors qu’une nouvelle rĂ©volution sonnait Ă  leur porte.

Ce qui est dommage, parce qu’à l’époque, il y avait une opportunitĂ© d’utiliser l’Internet comme un outil de marketing et de toucher de nouvelles audiences. Peu de gens l’ont saisie, sauf peut-ĂȘtre Public Enemy, Alanis Morissette, Prince, et Ă©videmment les Daft Punk, qui ont construit leur premier club de musique en ligne, le Daft Club. Au-delĂ  de cela, il existait une vĂ©ritable opportunitĂ© de crĂ©er des communautĂ©s — nous sommes encore loin, Ă  l’époque, du modĂšle des creators, mĂȘme si toutes les briques Ă©taient dĂ©jĂ  lĂ .

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On connaĂźt la suite.

Steve Jobs propose aux majors un nouveau deal : distribuer la musique sur l’iPod via le Music Store, dans un format propriĂ©taire non-MP3, avec une commission de 30 % sur chaque vente. C’est le dĂ©but d’un nouveau standard.

Puis vient Daniel Ek, qui comprend que la distribution par tĂ©lĂ©chargement est dĂ©jĂ  dĂ©passĂ©e. Elle peut elle-mĂȘme ĂȘtre remplacĂ©e par une distribution continue, fluide, par le streaming. Spotify devient rapidement la norme.

Vingt ans aprĂšs l’apogĂ©e du MP3, le tĂ©lĂ©chargement de musique “à l’ancienne” a pratiquement disparu. Il ne subsiste que dans des niches :

‱ Les fichiers WAV, pour mixer en club sans repayer des collections entiùres

‱ Des morceaux rares, introuvables sur SoundCloud ou Spotify

Si la plupart des consommateurs ont basculé vers Spotify et ses équivalents, il reste quelques ßlots de résistance :

des plateformes comme Bandcamp, ou des radios en ligne comme SomaFM, qui continuent d’exister — à contre-courant.

Ce Ă  quoi nous avons assistĂ©, c’était un transfert de monopole.

Le monopole des maisons de disques (producteurs et distributeurs) s’est transformĂ© en monopole des streamers. Les plateformes de streaming, pour s’acheter une paix des braves, ont proposĂ© aux majors — et Ă  une partie des labels les plus importants — d’avoir une participation Ă  leur capital.

Cela leur garantit des revenus sous forme de dividendes, et leur permet, entre parenthùses, de ne pas avoir à payer leurs artistes par ce biais, puisqu’il ne s’agit pas de royalties.

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Un nouveau bouleversement : le service d'image de GPT-40

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